La respiration consciente

Quand je dis que je donne des séances de respiration, je reçois en retour de gentils sourires ironiques. S’il y a bien une chose dont on ne doit pas se préoccuper, me dit-on, c’est la respiration. Pourquoi devrait-on y prêter attention ?

Pourquoi respirer en conscience?

Parce que la plupart d’entre nous respire mal. En mode survie. Nous inspirons, nous expirons, en mode pilote automatique. Nous traversons nos journées sans accorder une seule pensée à ce miracle de chaque instant. Jusqu’au jour où quelque chose se dérègle. On l’apprend à la formation Premiers Secours : la première chose à vérifier c’est la respiration de la personne malade, accidentée, blessée, angoissée, choquée. C’est le premier signe que quelque chose ne tourne pas rond.

Notre respiration est intimement liée à notre vie intérieure et à nos émotions. Une surprise ? Nous ouvrons la bouche à la recherche de plus d’air. Une tension ? Nous nous mettons en apnée sans nous en rendre compte. Une injustice, la colère qui monte ? Notre respiration devient courte, saccadée, rapide.Tout au long de la journée notre respiration s’accélère, ralentit, se fait plus profonde ou plus superficielle, au gré de nos pensées qui tournent en boucle, de notre agitation mentale. Et les émotions suivent. Puis le corps. Mal au ventre, migraine, maux de dos, boutons, insomnies…

Et si nous renversions la vapeur ? Si nous commencions par la respiration, au lieu de nous laisser emporter au fil de l’eau par nos émotions ? Respirons par le nez, au lieu de la bouche. Les virus et la pollution auront moins de chance de nous atteindre, et nous aurons l’air moins bêtes. Mettons notre respiration dans notre ventre, au lieu de la poitrine. La détente suivra. Ralentissons la cadence. Inspirons longuement, doucement. Expirons en lâchant prise. Faisons-le en prêtant à ce miracle toute l’attention qu’il mérite. Et recommençons. Le sentiment de joie qui est après tout notre état naturel ne tardera pas à s’imposer…

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